Sollicités pour la 3ème fois en 18 mois sur des dossiers européens, les Suisses ont approuvé à 53,4 %, lors d'une votation fédérale, le versement d'un milliard de francs suisses aux 10 nouveaux pays de l'UE. Cette contribution "volontaire", étalée sur 10 ans, ira à des projets concrets choisis par la Suisse dans le domaine de l'environnement, la formation, la sécurité et la promotion commerciale, principalement en Pologne. Les partisans du oui estimaient que par ce geste, la Suisse s'était montrée "solidaire". Sans être membre de l'UE, le pays profite du grand marché de l'Union élargie, à laquelle elle est liée par des accords bilatéraux passés avec Bruxelles. Les électeurs qui votaient pour ou contre la "loi fédérale sur la coopération avec les Etats de l'Europe de l'est" n'ont pas suivi la droite nationaliste de l'Union démocratique du centre (UDC), qui brandissait la menace d'un "chèque en blanc" et de nouveaux versements aux prochains adhérents à l'UE. C'est le signe d'"une grande maturité civique et politique", a déclaré M. Calmy-Rey, la ministre socialiste des affaires étrangères, en rappelant que les Suisses ont déjà approuvé les accords signés avec Bruxelles en matière d'asile et sécurité, Schengen/Dublin et de libre circulation avec les nouveaux membres de l'UE. L'histoire du "milliard" a commencé il y a 3 ans. Bruxelles s'était adressé aux Etats membres de l'Association européenne de libre échange, la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein, pour qu'ils participent à son programme d'aide aux nouveaux adhérents, estimant qu'ils profiteraient de l'élargissement. La Suisse avait d'abord ergoté, puis, elle avait accepté une contribution versée sur une base volontaire hors du fonds de cohésion européen. La portée symbolique de cette contribution est grande. En cas de refus, l'image d'une Suisse "profiteuse" se serait imposée, avec le risque que certains dossiers stagnent ou s'enveniment. Les accords bilatéraux peuvent ainsi se poursuivre. D'autres négociations se profilent : la participation helvétique aux programmes de recherche et l'accès au marché européen de l'électricité. Sans oublier le dossier très sensible de la concurrence fiscale. L'UE estime que les privilèges fiscaux accordés aux entreprises étrangères dans certains cantons suisses sont une violation de l'accord de libre échange de 1972. (source : Le Monde)
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